Je n'écrirai plus rien ici,

Je n'écrirai plus rien ici,
mais j'ai déjà écris le suivant. Il faut savoir prendre les choses en mains parfois.
Si vous voulez l'adresse, demandez la moi, mais elle n'apparaitra pas ici.
Un mail suffira.

Maud_183@hotmail.com,
Bonsoir.

# Posté le jeudi 11 juin 2009 15:52

" Vous voulez que je vous dise quelque chose ma petite dame aux tomates? Ce qu'on désire le plus fort, et bien, c'est ce qui vous fait le plus de mal. "

___________Quatorze heure, un samedi. A la terrasse d'un petit bar vieilli par le temps et le nombre de gens mélancoliques qui y sont passés, une fille attend. C'est une fille aux cheveux longs aussi blonds que le soleil les tournesols ou les blés et aux yeux couleur océan mélangé au ciel, avec quelques tâches de rousseur qui couvrent un peu le bout de son nez, et cette fille attend. Elle commande chaque semaine la même chose, un gin tonic s'il vous plait, et elle attend. Elle attend que son c½ur se taise un peu ou alors qu'il crie du bonheur, elle attend que cet idiot sorte de ses pensées ses souvenirs ses projets ou alors qu'il revienne de plus belle, elle attend juste que sa vie reprenne, elle l'a mise sur pause depuis qu'il est parti. Il, c'est un crétin qui la loupe chaque semaine, qui s'assied à la même table sur la chaise juste en face mais qui vient s'assoir à dix-sept heure après un bonjour éclair chez maman pour qu'elle lave ses affaires de la semaine, et qui la loupe donc. En fait, parfois elle se l'avoue, elle le fait exprès, d'arriver trop tôt. Mais elle s'en fout. Ça lui fait mal de se dire que, trois minuscules heures plus tard, il est là, assis à leur ancienne place habituelle, mais elle ne peut plus se mettre devant lui sans pleurer alors. Alors elle profite des restes d'habitudes qu'ils avaient pour le garder un peu plus longtemps en elle, elle puise dans les souvenirs qui font mal et elle se rappelle de sa douceur de sa susceptibilité de son air râleur moqueur emmerdeur, elle se rappelle de comment ils se sont rencontrés de comment ils se sont parlés de comment il l'a fait chavirer rire crier pleurer. Pauvre con elle se dit parfois, pauvre con tu ne me mérites pas et pourtant je t'attends, je t'attends depuis tellement longtemps tellement que j'en deviens vieille fatiguée méchante et conne à mon tour. Parce que oui elle devient tout ça. Elle devient vieille, ça se voit sur son visage, elle reste magnifique mais elle devient vieille de l'attendre, ça lui tire les traits, les creuse aussi. Elle devient fatiguée, elle ne dort plus, elle ne fait que rêver qu'il revient ou revoir qu'il part alors elle ne veut plus dormir, c'est comme les petits enfants qui ont peur du monstre sous leur lit ou dans la commode, elle, elle a peur de lui du vide qu'il a laissé du vide qu'elle n'arrive plus à combler. Elle devient méchante, avec tous les gens qui l'aiment, parce qu'ils ne comprennent pas les cons, ils ne comprennent pas pourquoi elle reste accrochée à lui alors qu'elle saigne de partout et qu'elle se cogne partout, ils ne comprennent pas que c'est lui qu'il lui faut, à elle, qu'elle ne veut que lui qu'elle n'attend que lui. Et elle devient conne, elle le sait, elle ne devient pas elle est même, elle est conne de l'attendre, elle espère qu'il reviendra mais non il est parti il faut qu'elle se fasse une idée mais c'est dur, vous ne pouvez pas comprendre. Parfois il y a des choses qu'on ne comprend pas c'est comme ça, il faut laisser tomber et imaginer, imaginer le mal de la personne, le bien qu'on lui a donné, l'horreur que ça peut être pour elle, se taire et imaginer. Elle garde espoir, elle sait qu'il est parti qu'il ne reviendra pas, mais secrètement elle se dit que peut-être elle se trompe, il reviendra il faut y croire, ou alors quelqu'un d'autre arrivera, et ses pas sa présence son odeur couvriront le souvenir que lui, ce con, à laisser. Tout ça il faut y croire, alors le temps de boire son gin tonic elle y croit, puis elle paye l'addition se lève s'en va et laisse ses espoirs là, sur cette chaise, pour que peut-être il les voit, revienne vers elle et ne parte plus, jamais.

# Posté le lundi 15 septembre 2008 08:31

Modifié le lundi 15 septembre 2008 11:07